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Comment je me suis éloignée de mon fil de vie

Eloignement du fil de vie

Eloignement du fil de vie

Quand ai-je commencé à suivre un chemin qui n’était pas vraiment le mien ? À quel moment ai-je laissé de côté cette part de moi qui, enfant, savait savourer l’instant sans se soucier du temps, des obligations ou des attentes des autres ?

Je me revois petite, assise à table, dans la cuisine, en train de savourer la nourriture qui se trouve dans mon assiette. Je m’invente des histoires fantastiques, je rêve à des instants mirifiques, je ressens une paix profonde, comme si tout était exactement à sa place. Je n’attends rien d’autre. Je suis simplement là, vivante, présente.

Et puis, une voix me rappelle à l’ordre : « Dépêche-toi, mange, avale ! » La sérénité de l’instant s’évapore. Il faut laisser aller la magie du rêve pour se concentrer sur ce qu’il y a de plus important que juste être : avaler rapidement, manger plus vite.

Ce sont des petits riens, des rappels quotidiens qui s’accumulent. « Ce n’est pas le moment. » « Concentre-toi sur ce qui est important. » « Ce n’est pas comme ça qu’il faut faire. » « Laisse faire ta sœur, elle est plus grande » Sans que je m’en rende compte, ces phrases tissent en moi comme une seconde peau, jusqu’à devenir une évidence silencieuse : il faut être efficace suivant un modèle précis, suivre le mouvement qu’on m’indique, répondre aux attentes des autres, peu importe les miennes !

Petit à petit, à grand coups d’obéissance, je m’éloigne de cette enfant qui sait goûter la vie dans sa simplicité. Sans trop de résistance, sans drame, mais aussi sans véritable conscience de ce qui se joue, je me quitte lentement.

L’enfance : un monde où tout est possible

L’enfance : un monde où tout est possible

L’origine du détournement : Entre bienveillance et formatage

L’enfance : un monde où tout est possible

Quand je repense à mon enfance, la spontanéité était là, naturelle et simple. Comme chaque enfant, je jouais sans me demander si c’était la bonne manière de faire, si j’étais en train d’apprendre quelque chose, si j’étais productive ! Je m’inventais des histoires, je parlais aux animaux, je laissais mon imagination débordante courir sans contrainte.

À cet âge-là, je ne me posais pas de questions sur ce qui était important ou utile. J’agissais selon ce que je ressentais, sans me soucier de l’efficacité ou du regard des autres.

Cette capacité à être pleinement présente est précieuse. Elle permet d’explorer librement, d’apprendre avec plaisir, sans même sans apercevoir, de ressentir la vie dans toute son intensité.

Mais, très tôt, des cadres se mettent en place. Mes parents, dans leur amour, ont voulu me guider. Ils m’ont appris ce qui était bien ou mal, ce qui était important, ce qui comptait pour réussir dans la vie, selon leurs principes, leur vécu, leurs souffrances.

Les injonctions invisibles : l’apprentissage du cadre

Très vite, j’ai compris qu’il y avait des attentes, des règles à suivre. Faire ses devoirs avant de jouer. Manger proprement et surtout pas avec les doigts. Ne pas parler trop fort. Être polie. Ne pas poser trop de questions ennuyeuses, ne pas traîner pour faire les choses. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

L’organisation du temps, aussi, était importante. Il y avait un moment pour chaque chose. : les repas étaient à heure fixe, pour ne pas être en retard, je devais me lever tôt pour être à temps à l’école, ...

Toutes ces injonctions, qui, à première vue semblent bonnes, se sont répétées mille fois sous différentes formes. Et peu à peu, j’ai commencé à intérioriser un message : il y a un bon moment pour tout, et surtout, ce bon moment ne dépend pas de ce que je ressens, mais de règles extérieures, qu’il ne faut pas transgresser. Et progressivement, c’est devenu des automatismes.

De la spontanéité à la conformité

De la spontanéité à la conformité

La mise en place d’un système de fonctionnement automatique

De la spontanéité à la conformité

Quand j’étais petite, je riais fort. Je chantais dans la rue, je dansais dans le salon. Seulement, au fur et à mesure que j’ai grandi, ces règles sont devenues des repères. Et puis, un jour, j’ai compris qu’on attendait autre chose de moi, qu’il est préférable d’être efficace plutôt que de rêver, d’être disciplinée au lieu d’être spontanée.

J’ai compris que le sérieux était valorisé, que la réussite passait par l’effort, que la vie se méritait, que rien ne tombait du ciel, que le travail et le plaisir ne se mélangent pas. Petit à petit, j’ai commencé à me surveiller, à m’adapter.

J’ai appris à faire ce qu’il fallait : écouter en classe, rendre des devoirs propres, obtenir de bonnes notes. J’ai compris comment ne pas déranger, ne pas être trop spontanée, ne pas poser trop de questions qui sortent du cadre, faire attention à ce que pourraient penser de moi les autres, m’habiller en fonction de la mode. Je suis rentrée dans le moule que la société et mes parents ont fabriqué pour moi.

Cela n’a pas été brutal. Ce n’est pas une soumission forcée. C’est un glissement doux, presque imperceptible. Un jour, on se rend compte que l’on suit un chemin tout tracé sans même se demander s’il nous correspond.

La construction de l’identité sociale

À l’adolescence, l’image de soi devient un enjeu. Je cherchais à être acceptée, à correspondre aux normes du groupe. Je voulais réussir, être appréciée, ne pas décevoir. C’est un moment où les conditionnements prennent une place déterminante. Pourtant, je croyais encore que je décidais librement. Mais en réalité, mes choix étaient déjà orientés par des années d’apprentissage implicite.

Quand est venu le moment de choisir mes études, je ne me suis pas demandée ce qui me faisait vibrer. J’ai choisi ce qui semblait raisonnable, quitte à en oublier les rêves d’enfant, les « Quand je serai grande, je serai ... »

Tranquillement vient le moment d’entrer dans la vie adulte, j’ai coché certaines des cases, parfois tiraillée entre deux valeurs opposées. Je suis entrée dans une relation suivie parce que c’est ce que l’on est censé faire à un certain âge. J’ai adopté des habitudes de vie qui correspondaient à ce qui est valorisé socialement. Je me suis fondue dans la masse.

Et pourtant, si tout semblait parfait, quelque chose en moi s’est éteint doucement : je me suis éloignée de moi-même. J’ai arrêté d’entendre la petite voix de cette enfant intérieure qui avait fini de rire et de chanter.

Croire que l’on choisit

Croire que l’on choisit

L’illusion de la liberté : Une vie sous influence

Croire que l’on choisit… alors qu’on suit un script

Je me suis longtemps crue libre. En apparence, toutes mes décisions semblent être le fruit de décisions personnelles. Après tout, personne ne m’a forcée à suivre ce chemin en particulier.

Mais en y regardant de plus près, combien de choix ai-je pris réellement en pleine conscience ?

Est-ce que je poursuis un objectif parce qu’il m’anime profondément ou parce qu’il correspond à ce qui est attendu ? Lorsque j’adopte une routine quotidienne, est-ce un choix délibéré ou une simple habitude adoptée par accoutumance ?

Si je réfléchis vraiment à cette question, je suis obligée de me rendre compte que la plupart de mes décisions sont influencées par des années de conditionnement. Je crois être libre, mais j’agis souvent selon des schémas préétablis, parce que je n’ai jamais vraiment pensé en dehors du cadre.

Ce que je crois être mes décisions personnelles sont en réalité des réponses conditionnées par mon éducation, par la société, par tout ce que j’ai intégré comme des évidences, pour être une enfant bien sage et obéissante.

Les habitudes comme chaînes invisibles

Je réalise alors à quel point je suis prisonnière de mes habitudes. Je répète des schémas de pensées sans même m’en rendre compte. Le cadre de ma vie est façonné par des normes implicites. Il existe, en effet, une manière « normale » de structurer ma journée, de gérer ma carrière ou encore, d’organiser ma vie personnelle.

Je me lève chaque matin en suivant une routine bien ancrée. Je travaille selon un rythme imposé. Je fais ce qu’on attend de moi, sans même me demander si cela me convient.

Mais moi, dans tout ça, où suis-je ? Qu’est devenue cette enfant insouciante, heureuse de vivre ? Est-ce que la vie n’est qu’une course, avec ses règles pré-établies ?

Ressentir un malaise, un vide

Ressentir un malaise, un vide

Le réveil douloureux : Prendre conscience de l’enfermement

Le choc de la prise de conscience

Parfois, un événement marquant, comme une remise en question professionnelle, une rupture, une période de solitude, pousse à l’introspection. Ce jour-là, il m’a fallu regarder les choses en face, car je sentais en moi un malaise, un vide. Comme si je jouais un rôle depuis des années, sans jamais prendre le temps de vérifier s’il me correspondait.

Parfois, c’est plus subtil. J’éprouve seulement un sentiment de lassitude, une impression de manque malgré des réussites apparentes. Je peux y mettre le mot déprime si je veux. Ça simplifie les choses, mais ça ne résout rien. Le mal, la tristesse restent là.

Je réalise que j’ai suivi un chemin sans jamais vraiment me poser la question de sa justesse.

J’ai l’impression d’avoir trahi l’enfant que j’étais. Celle qui savait ce qui lui faisait du bien, ce qui la rendait heureuse, qui suivait tranquillement et joyeusement son petit bonhomme de chemin.

Je me rends compte que je me suis éloignée de mon fil de vie. Mais cette prise de conscience, bien que désagréable, est en fait une opportunité. C’est en effet la première étape du retour vers moi-même.

La nécessité d’un retour à soi

La nécessité d’un retour à soi

La nécessité d’un retour à soi

Reprendre contact avec ce qui fait sens

Cette prise de conscience, bien que primordiale, ne suffit pas. Il faut agir.

Je commence par me poser des questions simples : qu’est-ce qui me fait du bien ? Qu’est-ce que j’aime vraiment ? Qu’est-ce qui me rend heureuse ? Qu’est-ce qui me fait vibrer, pleurer, crier, … ?

Petit à petit, je réapprends à écouter cette voix intérieure que j’avais mise en sourdine. Je recherche quels sont mes besoins réels, ceux que j’ai fait par habitude et ceux qui me correspondent vraiment, qui parlent à mon essence profonde.

Accepter de déconstruire pour reconstruire

Retrouver le fil de ma vie ne veut pas dire que je dois rejeter tout ce que j’ai fait par le passé. Hors de question de tout envoyer valser. Je dois juste reprendre possession de mes choix, analyser mes décisions avant de trancher.

Je serai très probablement amenée à changer certaines de mes pratiques, d’explorer de nouvelles voies. Et, je devrai même apprendre à dire non, non à certaines personnes, non à certaines envies.

C’est un processus progressif, long et délicat, mais chacun des pas que je fais dans cette nouvelle direction est une victoire et une libération.

Une invitation à la réconciliation avec soi-même

Une invitation à la réconciliation avec soi-même

Conclusion : Une invitation à la réconciliation avec soi-même

Je me suis éloignée de moi de manière inconsciente, mais retrouver le fil de ma vie est un acte délibéré. Je ne veux pas faire un retour en arrière mais plutôt une reconnexion à ce qui est essentiel dans ma vie.

La bonne nouvelle c’est que ce chemin est toujours accessible. À tout moment, je peux choisir de me retrouver.

Aujourd’hui, je ne cherche plus à cocher des cases, à entrer dans un moule ou à plaire aux autres. Je cherche à être en accord avec moi-même.

Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai l’impression d’être sur mon vrai chemin.

Et ce choix, cette fois, est un véritable acte de liberté.

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